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Arrêt maladie pendant un congé, une situation à éclaircir

malade pendant les congés payés

Tomber malade pendant ses vacances: cette situation désagréable concerne chaque année des milliers de salariés français. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser,la législation française ne prévoit aucun report automatique des congés payés lorsqu’un salarié tombe malade durant ses vacances.
Cette position, maintenue depuis des décennies, entre en contradiction flagrante avec le droit européen.

Le 18 juin 2025, la Commission européenne a franchi un nouveau cap en adressant une lettre de mise en demeure à la France, lui donnant deux mois pour se conformer aux règles européennes.
Cette procédure d’infraction pourrait aboutir à des sanctions financières sans évolution de la règle légale.

La Position Française Actuelle : Des Congés « Perdus »

Le Principe de Non-Report en Droit Français

En France, la règle est claire mais défavorable aux salariés : lorsqu’un arrêt de travail pour maladie intervient pendant une période de congés payés déjà entamée, ces congés ne sont pas reportés. Cette position repose sur ce que les juristes appellent « la règle de la cause de suspension initiale ».

Le raisonnement juridique français est le suivant :
– Le contrat de travail est déjà suspendu au titre des congés payés
– Il ne peut donc être suspendu une seconde fois au titre de l’arrêt maladie
– Les congés continuent d’être décomptés normalement

Concrètement, cela signifie que :
– L’employeur continue de verser l’indemnité de congés payés
– Le salarié peut percevoir en plus les indemnités journalières de la Sécurité sociale
– Mais les jours de congés sont définitivement « consommés »

La Distinction formelle avec l’Arrêt Maladie Préalable

Il est important de distinguer deux situations très différentes :

1. Arrêt maladie AVANT les congés : Le Code du travail prévoit expressément le report des congés payés programmés qui coïncident avec la période d’arrêt maladie. Le salarié pourra prendre ses congés ultérieurement.

2. Arrêt maladie PENDANT les congés : Aucune disposition du Code du travail ne prévoit de report. C’est cette lacune que dénonce l’Europe.

Les Exceptions Conventionnelles du report des CP en de maladie survenue pendant les congés

Certaines conventions collectives prévoient des dispositions plus favorables. C’est notamment le cas de :
– La convention collective des Établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées
– La convention collective des Missions locales et PAIO

Ces accords permettent le report des congés en cas de maladie survenue pendant les vacances.

La Position Européenne : Un Droit au Repos Effectif

Les Fondements du Droit Européen

La Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a développé une jurisprudence constante depuis 2009, basée sur un principe simple mais fondamental : les congés payés et les arrêts maladie poursuivent des finalités différentes.

– Les congés payés : permettre au travailleur de se reposer, de disposer d’une période de détente et de loisirs
– Les arrêts maladie : permettre au travailleur de se rétablir d’une maladie engendrant une incapacité de travail

La Jurisprudence Européenne Établie

Plusieurs arrêts marquants ont établi ce principe :
– Arrêt Vicente Pereda (2009): Premier arrêt établissant le droit au report
– Arrêt ANGED (2012) : Confirmation et précision du principe

La CJUE considère que la directive 2003/88/CE sur le temps de travail s’oppose aux dispositions nationales qui privent un travailleur du droit de bénéficier ultérieurement de ses congés annuels coïncidant avec une période d’incapacité de travail .

La Procédure d’Infraction : Vers des Sanctions ?

Les Étapes de la Mise en Demeure

La Commission européenne a entamé une procédure d’infraction formelle contre la France :

1. 18 juin 2025 : Envoi de la lettre de mise en demeure
2. Délai de 2 mois : La France doit répondre et présenter ses arguments
3. Avis motivé possible : Si la réponse n’est pas satisfaisante
4. Saisine de la CJUE : Risque de sanctions financières

Les Enjeux Financiers

En cas de condamnation par la CJUE, la France s’expose à :
– Des astreintes quotidiennes jusqu’à mise en conformité
– Des amendes forfaitaires pouvant atteindre plusieurs millions d’euros

L’Évolution Récente du Droit Français

Les Signaux de Changement

Plusieurs éléments montrent une évolution progressive du droit français :

La Cour d’Appel de Versailles (2022) a rendu un arrêt favorable au report des congés en cas de maladie pendant les vacances, s’alignant sur la jurisprudence européenne .

Le Ministère du Travail a publié des recommandations sur ses sites officiels, conseillant aux employeurs de suivre la jurisprudence européenne « afin d’éviter tout contentieux inutile » .

La Loi DDADUE de 2024 : Une Réponse Partielle ?

La loi DDADUE du 22 avril 2024 a introduit l’article L.3141-19-1 du Code du travail qui prévoit : « lorsqu’un salarié est dans l’impossibilité, pour cause de maladie ou d’accident, de prendre au cours de la période de prise de congés tout ou partie des congés qu’il a acquis, il bénéficie d’une période de report ».

Cependant, cette formulation reste ambiguë :
– Vise-t-elle uniquement les salariés qui n’ont pas pu prendre leurs congés ?
– Inclut-elle ceux qui sont tombés malades pendant leurs vacances ?

Le fait que le Ministère du Travail continue de se référer à la jurisprudence européenne plutôt qu’à cette disposition suggère que l’interprétation reste incertaine.

Les Conséquences Pratiques pour les Salariés

La Situation Actuelle

Pour les salariés français, la situation reste précaire :
– Pas de garantie légale de report des congés en cas de maladie pendant les vacances
– Dépendance aux dispositions conventionnelles ou à la bonne volonté de l’employeur
– Insécurité juridique face à des jurisprudences contradictoires

Les Recommandations Pratiques

En attendant une clarification législative, les salariés peuvent :
– Vérifier leur convention collective
– Négocier avec leur employeur en s’appuyant sur la jurisprudence européenne
– Se rapprocher de leurs représentants du personnel

Les employeurs ont intérêt à anticiper et à appliquer dès maintenant le droit européen pour éviter les contentieux.

Les possibilités d’évolution en matière de gestion des CP en cas de maladie

Les Scénarios Possibles

Trois issues sont envisageables :

1. Modification législative rapide : Le gouvernement français pourrait céder à la pression européenne
2. Évolution jurisprudentielle : La Cour de cassation pourrait réviser sa position de 1996
3. Résistance et sanctions : Maintien de la position française avec risque de condamnation

L’Impact sur les Relations Sociales

Cette évolution aurait des conséquences importantes :
– Amélioration des droits des salariés en matière de repos effectif
– Coûts supplémentaires pour les entreprises (organisation, remplacements)
– Harmonisation avec les pratiques européennes

Vers une Harmonisation Inévitable ?

Le conflit entre la France et l’Europe sur les congés payés en cas de maladie illustre les tensions entre souveraineté nationale et intégration européenne. Cependant, la pression exercée par la Commission européenne et la jurisprudence établie de la CJUE laissent peu de doute sur l’issue probable de ce conflit.

La France devra vraisemblablement s’aligner sur le droit européen, soit par une évolution jurisprudentielle, soit par une modification législative. Cette harmonisation, bien qu’elle représente un coût pour les entreprises, constituera une avancée significative pour les droits des salariés et leur droit effectif au repos.

L’enjeu dépasse la simple question des congés payés : il s’agit de garantir une protection sociale effective et de reconnaître que la maladie, même pendant les vacances, ne doit pas priver les travailleurs de leur droit légitime au repos et à la détente.

Points Clés à Retenir :
– ✅ Report possible si maladie AVANT les congés
– ❌ Pas de report en droit français si maladie PENDANT les congés
– Droit européen : report obligatoire dans tous les cas
– ⚖️ Procédure d’infraction en cours contre la France
– Échéance : septembre 2025 pour la réponse française

Clauses de non-sollicitation de personnel, un risque à évaluer

non-débauchage

Les clauses de non-débauchage représentent aujourd’hui un enjeu majeur pour les entreprises françaises, particulièrement depuis la décision historique de l’Autorité de la concurrence du 11 juin 2025. Cette sanction record de 29,5 millions d’euros marque un tournant décisif dans l’encadrement de ces pratiques, désormais considérées comme potentiellement anticoncurrentielles.

Ces clauses, également appelées clauses de non-sollicitation de personnel, constituent un mécanisme juridique par lequel les entreprises tentent de protéger leur capital humain contre les risques de débauchage. Toutefois, leur utilisation soulève des questions complexes en matière de droit du travail, de droit de la concurrence et de liberté professionnelle.

Définition et nature juridique des clauses de non-débauchage

Qu’est-ce qu’une clause de non-débauchage ?

La clause de non-débauchage est une disposition contractuelle qui interdit à une entreprise, généralement cliente ou concurrente, d’embaucher les salariés d’une autre entreprise, souvent prestataire, pendant une période définie. Cette clause s’inscrit dans le cadre d’une protection contre les pratiques de débauchage considérées comme déloyales.

Contrairement à la clause de non-concurrence qui lie directement l’employeur et le salarié, la clause de non-débauchage est généralement conclue entre deux entreprises. Elle vise à interdire à l’une d’elles d’embaucher les salariés de l’autre pendant une période déterminée.

Les différentes formes de clauses de non-sollicitation

Ces clauses peuvent prendre plusieurs formes :

La clause unilatérale : l’entreprise cliente s’engage à ne pas recruter les salariés de l’entreprise prestataire pendant une durée définie. Cette forme est particulièrement fréquente dans les contrats de prestation de services.

La clause réciproque : les deux entreprises s’interdisent mutuellement d’embaucher les salariés ou collaborateurs de l’autre partie. Cette forme garantit une protection équilibrée pour les deux parties.

Distinction avec d’autres clauses restrictives

Il est essentiel de distinguer la clause de non-débauchage de la clause de non-concurrence. Cette dernière, insérée dans le contrat de travail, interdit à un salarié d’exercer une activité professionnelle concurrente après son départ et s’accompagne obligatoirement d’une contrepartie financière.

La clause de non-sollicitation de clientèle constitue également un mécanisme distinct, visant à interdire au salarié de solliciter la clientèle de son ancien employeur.

Le cadre juridique français : évolution et jurisprudence

L’évolution jurisprudentielle

La jurisprudence française a progressivement encadré la validité des clauses de non-débauchage. Dans un arrêt du 27 mai 2021, la Cour de cassation a précisé qu’une telle clause n’est valable que « si elle est proportionnée aux intérêts légitimes à protéger compte tenu de l’objet du contrat.

Cette décision marque une évolution importante, établissant un principe de proportionnalité comme critère central de validité. La clause doit être nécessaire pour protéger des intérêts légitimes de l’entreprise sans porter atteinte excessive à la liberté du travail.

Les conditions de validité

Pour être considérée comme valide, une clause de non-débauchage doit respecter plusieurs critères cumulatifs :

Limitation temporelle : la durée doit être raisonnable et proportionnée, généralement entre 1 et 2 ans.

Limitation géographique : le périmètre doit être clairement défini et limité à la zone d’activité réelle de l’entreprise.

Justification par un intérêt légitime : l’entreprise doit démontrer un intérêt concret à protéger, comme la préservation de son savoir-faire ou de sa clientèle.

Proportionnalité : la clause ne doit pas entraver de manière excessive la liberté de travail ou d’entreprendre.

L’interdiction des clauses de non-débauchage dans les contrats de travail

Une évolution jurisprudentielle importante concerne l’interdiction des clauses de non-débauchage dans les contrats de travail individuels. Ces clauses sont désormais considérées comme illicites lorsqu’elles figurent dans un contrat de travail.

En effet, lorsqu’une clause de non-débauchage est imposée à un salarié dans son contrat de travail, elle est requalifiée en clause de non-concurrence déguisée. Elle doit alors répondre aux critères stricts de validité des clauses de non-concurrence, notamment l’obligation de contrepartie financière.

La décision historique de l’Autorité de la concurrence (2025)

Une sanction sans précédent

Le 11 juin 2025, l’Autorité de la concurrence a prononcé une sanction historique de 29,5 millions d’euros contre quatre entreprises du secteur de l’ingénierie et des services informatiques. Cette décision marque la première fois que l’Autorité sanctionne spécifiquement des accords de non-débauchage en tant que pratiques anticoncurrentielles.

Les entreprises sanctionnées sont Alten (24 millions d’euros), Bertrandt (3,6 millions d’euros) et Expleo (1,9 million d’euros). Seule Ausy a bénéficié d’une exonération totale grâce à sa demande de clémence.

La qualification d’entente anticoncurrentielle

L’Autorité a qualifié ces pratiques de « restriction horizontale de concurrence », constitutive d’une entente illicite au sens de l’article L. 420-1 du Code de commerce. Ces accords sont assimilés à des ententes sur les prix d’achat de la main-d’œuvre, ayant pour effet de restreindre artificiellement la mobilité des talents et de fausser le libre jeu du marché du travail.

Les caractéristiques des accords sanctionnés

Les accords sanctionnés présentaient plusieurs caractéristiques problématiques :

  • Des « gentlemen’s agreements » sans limitation temporelle

  • Une interdiction mutuelle de solliciter et d’embaucher le personnel respectif

  • Une couverture de tout ou partie des effectifs

  • Un impact sur la mobilité des salariés et leur évolution salariale

Les risques juridiques pour les entreprises

Risques en droit de la concurrence

La décision de 2025 établit un précédent important : les accords de non-débauchage peuvent désormais être sanctionnés comme des pratiques anticoncurrentielles. Les entreprises s’exposent à des amendes pouvant atteindre 10% de leur chiffre d’affaires mondial.

Les autorités de concurrence considèrent que ces pratiques :

  • Restreignent la concurrence sur le marché du travail

  • Faussent le libre jeu de la concurrence

  • Portent atteinte à la mobilité des salariés

  • Peuvent maintenir artificiellement les salaires à un niveau bas

Risques en droit du travail

L’insertion de clauses de non-débauchage dans les contrats de travail expose les employeurs à plusieurs risques :

Requalification en clause de non-concurrence : la clause peut être requalifiée et soumise aux conditions strictes de validité des clauses de non-concurrence.

Nullité de la clause : en l’absence de respect des conditions de validité, la clause peut être déclarée nulle et non avenue.

Responsabilité civile : l’employeur peut être tenu responsable des dommages causés au salarié par une clause illicite.

Risques de concurrence déloyale

Les entreprises peuvent également être poursuivies pour concurrence déloyale en cas de débauchage fautif. Pour caractériser une concurrence déloyale, il faut démontrer :

  • L’existence de manœuvres déloyales

  • Une véritable désorganisation de l’entreprise concurrente

  • Un préjudice concret et chiffrable

Les bonnes pratiques pour les entreprises

Rédaction des clauses de non-débauchage

Pour minimiser les risques juridiques, les entreprises doivent respecter certaines règles de rédaction :

Définition précise du périmètre : spécifier clairement quels collaborateurs sont concernés et quelles actions sont interdites.

Durée raisonnable : limiter la durée d’application, généralement entre 6 mois et 2 ans.

Justification de l’intérêt légitime : démontrer la nécessité de la clause pour protéger des intérêts concrets.

Proportionnalité : s’assurer que la clause n’entrave pas excessivement la liberté de travail.

Exemple de clause bien rédigée

Une clause de non-débauchage peut être rédigée ainsi : « Le client s’interdit d’engager, ou de faire travailler d’aucune manière, tout collaborateur présent ou futur du prestataire. La présente clause vaudra, quelle que soit la spécialisation du collaborateur en cause, et même dans l’hypothèse où la sollicitation serait à l’initiative dudit collaborateur. La présente clause développera ses effets pendant toute l’exécution du présent contrat, et pendant deux ans à compter de sa terminaison ».

Sanctions et indemnisation

Les contrats doivent prévoir des sanctions proportionnées en cas de violation :

  • Dommages et intérêts : évalués en fonction du préjudice réel subi

  • Clause pénale : indemnité forfaitaire, souvent équivalente à 3 à 6 mois de salaire du salarié débauché

  • Mesures conservatoires : possibilité de saisir le juge en référé

Conseils pratiques pour les entreprises

Audit des clauses existantes

Les entreprises doivent procéder à un audit de leurs clauses de non-débauchage existantes pour s’assurer de leur conformité. Cet audit doit porter sur :

  • La validité des clauses au regard des critères jurisprudentiels

  • L’existence d’accords informels avec des concurrents

  • La proportionnalité des restrictions imposées

Formation des équipes

Il est essentiel de former les équipes RH et juridiques sur les enjeux liés aux clauses de non-débauchage. Cette formation doit couvrir :

  • L’évolution de la jurisprudence

  • Les risques en droit de la concurrence

  • Les bonnes pratiques de rédaction

Alternatives aux clauses de non-débauchage

Les entreprises peuvent envisager des alternatives moins risquées :

  • Clauses de non-concurrence : plus encadrées mais avec contrepartie financière obligatoire

  • Amélioration des conditions de travail : fidélisation par la motivation plutôt que par la contrainte

  • Accords de confidentialité : protection des informations sensibles sans restriction de mobilité

Vers un encadrement renforcé

La décision de l’Autorité de la concurrence de 2025 marque un tournant décisif dans l’encadrement des clauses de non-débauchage. Ces pratiques, longtemps tolérées, sont désormais scrutées avec attention par les autorités de régulation.

Les entreprises doivent adapter leurs pratiques à cette nouvelle donne juridique. L’heure n’est plus aux accords informels de non-débauchage, mais à la mise en place de mécanismes de protection du capital humain respectueux du droit de la concurrence et de la liberté du travail.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large de protection des droits des salariés et de promotion de la mobilité professionnelle. Les entreprises qui sauront s’adapter à ces nouvelles exigences disposeront d’un avantage concurrentiel durable, tandis que celles qui persisteront dans des pratiques douteuses s’exposeront à des sanctions financières lourdes et à un risque réputationnel important.

La vigilance juridique et l’adaptation constante des pratiques contractuelles constituent désormais des impératifs incontournables pour toute entreprise souhaitant protéger légalement ses intérêts tout en respectant les droits de ses collaborateurs et les règles de la concurrence.

 

Le Télétravail : Cadre Juridique, Avantages et Bonnes Pratiques

 

Télétravail 2025

Le télétravail s’est imposé comme une forme d’organisation incontournable, notamment depuis la crise sanitaire. Encadré par des textes légaux et des accords nationaux, il offre des avantages aussi bien pour les salariés que pour les employeurs.

1. Qu’est-ce que le télétravail ?

Selon l’Article L. 1222-9 du Code du travail, le télétravail est une organisation du travail où un salarié exerce, volontairement et hors des locaux de l’entreprise, des missions qui pourraient y être réalisées, en utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC). Critères essentiels :

    • Statut de salarié
    • Utilisation des TIC
    • Travail en dehors des locaux de l’entreprise (domicile, coworking…)
    • Accord volontaire entre employeur et salarié

2. Les Formes de Télétravail

L’ANI du 26 novembre 2020 distingue plusieurs modalités :

    • Télétravail régulier (jours fixes dans la semaine)
    • Télétravail occasionnel (ponctuel, en cas de besoins spécifiques)
    • Télétravail subi (en cas de circonstances exceptionnelles, comme une pandémie)

3. Comment Mettre en Place le Télétravail ?

Cadre Juridique

La mise en place repose sur :

    • Un accord collectif (négocié entre employeurs et syndicats)
    • Une charte unilatérale (après consultation du CSE)
    • Un accord individualisé (en l’absence de cadre collectif)

Clauses obligatoires dans l’accord ou la charte :

✔ Conditions de passage en télétravail et de retour

✔ Modalités de contrôle du temps de travail

✔ Plages horaires de contact avec l’employeur

✔ Accessibilité pour les travailleurs handicapés —

4. Droits et Obligations

Pour les Salariés

Mêmes droits qu’en présentiel (rémunération, formation, élections professionnelles…)

Priorité pour un retour en présentiel si souhaité

Droit à la déconnexion et protection des données

Pour les Employeurs

Obligation d’information sur les restrictions d’usage des outils numériques Entretien annuel obligatoire pour évaluer la charge de travail Prise en charge des frais (électricité, internet…) sous conditions —

5. Bonnes Pratiques pour un Télétravail Réussi

Pour les Entreprises

Élaborer un plan de continuité en cas de crise

Former les managers à la gestion d’équipes à distance

Inclure le télétravail dans le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels)

Pour les Salariés

Aménager un espace de travail ergonomique

Fixer des horaires clairs pour éviter le surmenage

Respecter le droit à la déconnexion

6. Situations Spéciales

Refus de Télétravail

    • L’employeur doit motiver son refus pour :
    • Travailleurs handicapés ( Art. L. 5213-6 du Code du travail )
    • Proches aidants
    • Dans les autres cas, l’employeur n’est pas obligé d’accepter

Télétravail Imposé

Seulement en cas de circonstances exceptionnelles (épidémie, force majeure). —

Conclusion

Le télétravail est un outil précieux qui nécessite une bonne organisation et un cadre juridique clair. Grâce à l’ANI 2020 et aux dispositions légales, salariés et employeurs peuvent collaborer efficacement à distance. En adoptant les bonnes pratiques, le télétravail devient un levier de performance et de bien-être.

⚠️ À retenir : ✔ Le télétravail repose sur l’accord des deux parties (sauf exceptions) ✔ L’employeur doit prendre en charge certains frais ✔ Le salarié garde les mêmes droits qu’en présentiel Pour aller plus loin : Consultez les accords