Sortie de DSN en 2027 : La nouvelle procédure du GIP-MDS

Sortie DSN 2027
Le GIP-MDS a publié une nouvelle fiche consigne concernant la Déclaration Sociale Nominative (DSN). À partir de 2027, une procédure simplifiée permettra aux établissements n’ayant aucun salarié à déclarer de formaliser leur sortie du dispositif.
Chaque mois, les entreprises ont l’obligation légale de déposer une DSN pour chacun de leurs établissements. Cependant, certaines situations particulières — comme une cessation d’activité ou une gestion d’activité saisonnière — laissent parfois des structures sans aucune rémunération à verser.
Pour simplifier la gestion administrative de ces périodes creuses, le GIP-MDS (Groupement d’Intérêt Public Modernisation des Déclarations Sociales) lève une interdiction technique majeure. Dès 2027 (norme P27V01), les déclarants pourront officiellement demander la sortie de la DSN.
Comment déclarer la sortie du dispositif DSN à partir de 2027 ?
Jusqu’à présent, la rubrique dédiée à cette démarche était bloquée. À partir de 2027, pour notifier l’URSSAF ou la MSA de votre sortie, vous devrez obligatoirement renseigner la ligne suivante :
    • Rubrique : « Demande de sortie de la DSN – S21.G00.11.024 »
    • Valeur à inscrire : « 01 – Demande de sortie de la DSN »

Cette option sera réservée exclusivement aux DSN mensuelles sans individu (type S20.G00.05.002), qu’il s’agisse d’une déclaration normale (02) ou d’une annulation et remplacement (05).
⚠️ Attention : Le bouton physique « Sortie de la DSN » actuellement disponible sur le tableau de bord Net-Entreprises va disparaître. Le dépôt de cette DSN sans individu deviendra la seule méthode légale.

Dès réception du fichier, l’organisme social fermera le compte cotisant de l’établissement. Aucun compte-rendu métier (CRM) spécifique ne sera envoyé : c’est le certificat de conformité du dépôt qui servira de preuve de validation.
Les conditions obligatoires avant de quitter la DSN
Vous pouvez déclencher cette procédure dans trois cas précis : un changement de situation juridique, une cessation d’activité définitive, ou une sortie temporaire (saisonniers).
Toutefois, le GIP-MDS rappelle que la sortie ne peut se faire qu’à une condition stricte : toutes les obligations déclaratives et financières doivent être à jour. Vous devez impérativement avoir déclaré et réglé :
    1. Les salaires, rappels et régularisations antérieures (primes, intéressement, participation).
    2. Les cotisations à la maille établissement (comme la contribution AGEFIPH), peu importe leur échéance.

Zoom sur les formalités annuelles
Toutes les déclarations annuelles ou non mensuelles doivent être intégrées au plus tard dans l’ultime DSN sans individu portant la sortie. Sont notamment visés :
    • L’assujettissement à la taxe sur les salaires (bloc S21.G00.44).
    • La DOETH (Déclaration Obligatoire d’Emploi des Travailleurs Handicapés).
    • Les déductions du solde de la taxe d’apprentissage.

Les CRM non mensuels restants (effectifs, AT/MP, rappels annuels) seront automatiquement rattachés à cette dernière DSN transmise.
Annulation et procédure de retour en DSN
Si vous changez d’avis avant l’échéance de la DSN, vous pourrez envoyer une DSN « 05 – annule et remplace sans individu ».
Si l’échéance est dépassée, ou si vous devez réactiver votre établissement après une fermeture temporaire (par exemple, au début d’une nouvelle saison touristique), la démarche est simple. Il suffira de transmettre une Déclaration Préalable À l’Embauche (DPAE). Le dépôt de la DPAE réactivera automatiquement le compte cotisant auprès de l’URSSAF ou de la MSA, vous permettant de soumettre à nouveau vos DSN mensuelles habituelles dès le premier mois de reprise.

Anomalies DSN rectifiées après substitution intégrées au service Suivi DSN

Anomalie DSN

Le service Suivi DSN évolue. Dans une information publiée le 9 juillet 2026, le réseau des URSSAF indique que cet espace retrace désormais les anomalies ayant fait l’objet d’une rectification par l’URSSAF à la suite d’une DSN de substitution. Cette nouveauté s’inscrit dans le renforcement progressif du dispositif de fiabilisation des données déclarées en DSN, mis en place depuis 2026

DSN de substitution : rappel du mécanisme

Dans le cadre de la fiabilisation de la DSN, les URSSAF adressent d’abord un compte rendu métier (CRM) lorsque des anomalies sont détectées dans les déclarations mensuelles. En l’absence de régularisation, un CRM de rappel annuel est ensuite transmis au mois de mars suivant l’année concernée, afin de récapituler les anomalies qui n’ont pas été corrigées.

Ce CRM annuel précise en pratique plusieurs éléments utiles à l’employeur :

  • la nature des anomalies relevées ;

  • la correction éventuellement proposée ;

  • le montant des cotisations recalculé après prise en compte des corrections.

L’employeur dispose alors d’un délai limité pour corriger les anomalies ou formuler une opposition motivée. À défaut, l’URSSAF peut procéder elle-même aux rectifications via une DSN de substitution, généralement en juin 2026 pour la première campagne concernée.

Un service Suivi DSN plus lisible

L’intérêt de l’intégration des anomalies rectifiées dans Suivi DSN est opérationnel : l’employeur peut désormais retrouver plus facilement les corrections appliquées par l’URSSAF, avec une restitution plus structurée des informations. D’après les informations disponibles, le service permet notamment d’identifier le libellé de l’anomalie, les salariés et périodes concernés, ainsi que les montants substitués ou recalculés.

Cette évolution répond à un besoin concret de traçabilité. Pour les services paie et RH, il devient plus simple de vérifier ce qui a été corrigé, d’anticiper les impacts en paie et de sécuriser les échanges avec les organismes sociaux.

Quelles anomalies peuvent être corrigées d’autorité ?

Pour la première campagne de substitution, les anomalies pouvant être corrigées d’autorité restent limitées. Les sources disponibles indiquent que seules deux anomalies liées à l’assiette plafonnée sont concernées : celle des salariés à temps plein et celle des salariés à temps partiel, correspondant aux contrôles DIPA01i et DIPA01j.

Cette limitation montre que la DSN de substitution n’a pas vocation à remplacer l’ensemble du contrôle déclaratif, mais à traiter certains écarts précisément identifiés, après épuisement des possibilités de régularisation par l’employeur.

Information du salarié : une nouvelle obligation pratique

Lorsque l’URSSAF, la CGSS ou la CMSA informe l’employeur qu’une correction a été effectuée via une DSN de substitution, celui-ci doit prévenir le salarié concerné par tout moyen et dans un délai raisonnable, si la correction est susceptible d’avoir des effets sur ses droits à prestations.

Cette obligation est importante en pratique, car les données DSN peuvent avoir des incidences sur la retraite et plus largement sur les droits sociaux. L’arrêté du 30 avril 2026 a d’ailleurs précisé les modalités d’information et la transmission des données utiles aux organismes chargés de la gestion des régimes obligatoires d’assurance vieillesse

Enjeux pour les employeurs

Pour les entreprises, l’enjeu est double : d’une part, corriger les anomalies dans les délais pour garder la main sur la déclaration ; d’autre part, surveiller le service Suivi DSN afin d’identifier rapidement les corrections opérées d’autorité.

Cette vigilance est d’autant plus nécessaire que le dispositif de substitution s’inscrit dans une logique de fiabilisation durable des données, avec un impact direct sur la qualité des droits sociaux des salariés et sur la conformité déclarative de l’employeur.

RGDU 2027 : impact du projet de décret sur les branches non conformes au SMIC

RGDU 2027

La réduction générale dégressive unique (RGDU) pourrait connaître une évolution majeure à partir de 2027. Un projet de décret présenté le 17 juin 2026 précise les modalités d’application d’un dispositif issu de la LFSS 2026, visant les branches dont les minima conventionnels restent inférieurs au SMIC. Objectif : inciter à la mise à jour des grilles salariales, tout en encadrant l’impact pour les employeurs.

RGDU et SMIC : rappel du mécanisme actuel

La RGDU permet aux employeurs de bénéficier d’un allègement de cotisations patronales calculé via un coefficient appliqué à la rémunération brute.

Ce coefficient dépend notamment du SMIC, qui constitue un paramètre central dans la formule de calcul.

En 2026, le SMIC est gelé à sa valeur du 1er janvier (12,02 €), avec une revalorisation intervenue au 1er juin (12,31 €). Le choix du paramétrage dans le logiciel de paie (SMIC annuel ou SMIC courant) impacte directement le montant de la réduction.

LFSS 2026 : un changement majeur pour les branches non conformes

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 introduit un principe inédit :

  • Dans certaines branches, le SMIC pourrait être remplacé par le minimum conventionnel.

  • Cette substitution s’applique lorsque le minimum de branche des salariés sans qualification est inférieur au SMIC.

  • Résultat : une baisse du montant de la RGDU pour les employeurs concernés.

Exemple concret

  • Minimum conventionnel : 11,52 €

  • Rémunération annuelle : 36 000 €

  • RGDU annuelle avec SMIC : 3 628,42 €

  • RGDU annuelle avec minimum conventionnel : 3 175,79 €

Soit une perte de plus de 450 € par an.

Objectif du gouvernement : pousser les branches à se mettre à niveau

Le dispositif vise clairement à :

  • Inciter les branches professionnelles à réviser leurs minima conventionnels.

  • Réduire les situations où les grilles salariales sont en dessous du SMIC légal.

Toutefois, le projet cherche aussi à limiter les effets négatifs pour les entreprises respectant déjà le SMIC.

Calendrier d’application prévu

Selon le projet de décret :

  • Entrée en vigueur : RGDU 2027.

  • Application concrète : régularisation en fin d’année (paie de décembre).

Un point important : le contexte politique (élections 2027) pourrait encore influencer ce calendrier.

Comment sont identifiées les branches non conformes ?

Le dispositif repose sur deux arrêtés annuels :

  • Avant le 31 janvier : liste des branches dont les minima étaient inférieurs au SMIC sur toute l’année précédente.

  • Avant le 30 novembre : mise à jour de la liste (retrait des branches mises en conformité).

Conséquence : l’employeur ne saura qu’en fin d’année s’il est réellement concerné.

Quel minimum conventionnel sera retenu ?

Le projet de décret précise plusieurs cas :

  • Priorité au montant annuel, puis mensuel.

  • En présence de plusieurs grilles : retenue du minimum le plus élevé.

  • À défaut de minimum spécifique : niveau de qualification le plus bas.

  • En cas de distinctions territoriales : analyse zone par zone.

Ce minimum sera converti en équivalent horaire pour comparaison avec le SMIC.

Nouvelle formule de calcul de la RGDU

En cas d’application du dispositif, la formule devient :

C=Tmin+(Tdelta×[(1/2)×((3×(Minimumannuel+heuressuppleˊmentaires))/reˊmuneˊrationannuelle−1)]×P)C = Tmin + (Tdelta \times [(1/2) \times ((3 \times (Minimum annuel + heures supplémentaires)) / rémunération annuelle – 1)] \times P)

Dans la pratique :

  • Calcul mensuel maintenu sur la base du SMIC.

  • Régularisation annuelle en décembre si nécessaire.

Les échappatoires prévues pour les employeurs

Le projet de décret prévoit plusieurs cas permettant de conserver le calcul basé sur le SMIC :

  • L’entreprise relève de plusieurs branches dont une conforme.

  • Absence de convention collective applicable.

  • Mise en place d’un accord d’entreprise ou décision unilatérale avec salaires supérieurs au SMIC.

  • Recommandation professionnelle applicable fixant un minimum supérieur au SMIC.

Ces mécanismes visent à éviter une pénalisation automatique des employeurs.

Un dispositif déjà envisagé par le passé

Ce type de mesure n’est pas totalement inédit. Une disposition similaire avait été prévue en 2008, sans jamais entrer en application, faute de nécessité.

Enjeux pour les professionnels de la paie et RH

Ce projet implique une vigilance accrue sur plusieurs points :

  • Suivi des arrêtés annuels de branche.

  • Paramétrage des logiciels de paie.

  • Anticipation des régularisations de fin d’année.

  • Analyse des conventions collectives applicables.

Pour les services paie, l’enjeu sera autant technique que stratégique.