La réduction générale dégressive unique (RGDU) pourrait connaître une évolution majeure à partir de 2027. Un projet de décret présenté le 17 juin 2026 précise les modalités d’application d’un dispositif issu de la LFSS 2026, visant les branches dont les minima conventionnels restent inférieurs au SMIC. Objectif : inciter à la mise à jour des grilles salariales, tout en encadrant l’impact pour les employeurs.
RGDU et SMIC : rappel du mécanisme actuel
La RGDU permet aux employeurs de bénéficier d’un allègement de cotisations patronales calculé via un coefficient appliqué à la rémunération brute.
Ce coefficient dépend notamment du SMIC, qui constitue un paramètre central dans la formule de calcul.
En 2026, le SMIC est gelé à sa valeur du 1er janvier (12,02 €), avec une revalorisation intervenue au 1er juin (12,31 €). Le choix du paramétrage dans le logiciel de paie (SMIC annuel ou SMIC courant) impacte directement le montant de la réduction.
LFSS 2026 : un changement majeur pour les branches non conformes
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 introduit un principe inédit :
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Dans certaines branches, le SMIC pourrait être remplacé par le minimum conventionnel.
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Cette substitution s’applique lorsque le minimum de branche des salariés sans qualification est inférieur au SMIC.
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Résultat : une baisse du montant de la RGDU pour les employeurs concernés.
Exemple concret
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Minimum conventionnel : 11,52 €
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Rémunération annuelle : 36 000 €
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RGDU annuelle avec SMIC : 3 628,42 €
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RGDU annuelle avec minimum conventionnel : 3 175,79 €
Soit une perte de plus de 450 € par an.
Objectif du gouvernement : pousser les branches à se mettre à niveau
Le dispositif vise clairement à :
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Inciter les branches professionnelles à réviser leurs minima conventionnels.
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Réduire les situations où les grilles salariales sont en dessous du SMIC légal.
Toutefois, le projet cherche aussi à limiter les effets négatifs pour les entreprises respectant déjà le SMIC.
Calendrier d’application prévu
Selon le projet de décret :
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Entrée en vigueur : RGDU 2027.
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Application concrète : régularisation en fin d’année (paie de décembre).
Un point important : le contexte politique (élections 2027) pourrait encore influencer ce calendrier.
Comment sont identifiées les branches non conformes ?
Le dispositif repose sur deux arrêtés annuels :
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Avant le 31 janvier : liste des branches dont les minima étaient inférieurs au SMIC sur toute l’année précédente.
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Avant le 30 novembre : mise à jour de la liste (retrait des branches mises en conformité).
Conséquence : l’employeur ne saura qu’en fin d’année s’il est réellement concerné.
Quel minimum conventionnel sera retenu ?
Le projet de décret précise plusieurs cas :
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Priorité au montant annuel, puis mensuel.
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En présence de plusieurs grilles : retenue du minimum le plus élevé.
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À défaut de minimum spécifique : niveau de qualification le plus bas.
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En cas de distinctions territoriales : analyse zone par zone.
Ce minimum sera converti en équivalent horaire pour comparaison avec le SMIC.
Nouvelle formule de calcul de la RGDU
En cas d’application du dispositif, la formule devient :
C=Tmin+(Tdelta×[(1/2)×((3×(Minimumannuel+heuressuppleˊmentaires))/reˊmuneˊrationannuelle−1)]×P)C = Tmin + (Tdelta \times [(1/2) \times ((3 \times (Minimum annuel + heures supplémentaires)) / rémunération annuelle – 1)] \times P)
Dans la pratique :
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Calcul mensuel maintenu sur la base du SMIC.
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Régularisation annuelle en décembre si nécessaire.
Les échappatoires prévues pour les employeurs
Le projet de décret prévoit plusieurs cas permettant de conserver le calcul basé sur le SMIC :
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L’entreprise relève de plusieurs branches dont une conforme.
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Absence de convention collective applicable.
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Mise en place d’un accord d’entreprise ou décision unilatérale avec salaires supérieurs au SMIC.
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Recommandation professionnelle applicable fixant un minimum supérieur au SMIC.
Ces mécanismes visent à éviter une pénalisation automatique des employeurs.
Un dispositif déjà envisagé par le passé
Ce type de mesure n’est pas totalement inédit. Une disposition similaire avait été prévue en 2008, sans jamais entrer en application, faute de nécessité.
Enjeux pour les professionnels de la paie et RH
Ce projet implique une vigilance accrue sur plusieurs points :
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Suivi des arrêtés annuels de branche.
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Paramétrage des logiciels de paie.
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Anticipation des régularisations de fin d’année.
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Analyse des conventions collectives applicables.
Pour les services paie, l’enjeu sera autant technique que stratégique.


