Versement mobilité, VMA et VMRR : tout comprendre aux différentes contributions transport en 2026

Mobilité régionale et rurale

Le versement mobilité (VM), le versement mobilité additionnel (VMA) et le versement mobilité régional et rural (VMRR) sont trois contributions patronales distinctes, destinées au financement des transports, avec des taux, des périmètres et des autorités compétentes spécifiques. Voici un rappel structuré pour les professionnels de la paie et des RH.

Le versement mobilité (VM) : la contribution de base

Le versement mobilité (VM) est une contribution patronale due par les employeurs de 11 salariés et plus dans les zones où il a été institué par une autorité organisatrice des mobilités (AOM), que ce soit en Île-de-France ou en province. Son assiette correspond aux rémunérations soumises à cotisations sociales versées aux salariés.

Taux variables selon les territoires

Le taux du VM est fixé par l’AOM compétente dans la limite de plafonds légaux, qui varient notamment selon la taille de l’agglomération, la présence de transports en commun en site propre (TCSP) et l’existence de communes touristiques. En pratique, les taux applicables en 2026 vont de 0,2% à 2% selon les territoires.

En Île-de-France, les limites du taux sont fixées par la loi et peuvent atteindre des niveaux plus élevés qu’en province. En dehors de l’Île-de-France, le taux maximal de droit commun est généralement de 0,55%, majorable sous conditions (TCSP, communes touristiques, etc.).

Calendrier et recouvrement

L’employeur doit payer le VM auprès de l’URSSAF (ou de la MSA pour les exploitants agricoles) dans les mêmes conditions et aux mêmes dates que les cotisations de sécurité sociale. Le versement s’effectue via la DSN, avec les codes de rubrique dédiés

Le versement mobilité additionnel (VMA) : une contribution complémentaire

Le versement mobilité additionnel (VMA) est une contribution complémentaire au VM, qui peut être instituée par certains syndicats mixtes de transport (dits « SRU ») pour financer des projets spécifiques de mobilité (coordination de services, systèmes d’information voyageurs, tarification et billettique intégrée, etc.).

Taux plafonné à 0,50%

Le taux du VMA ne peut excéder 0,50% des rémunérations soumises à cotisations. À l’intérieur d’un périmètre de mobilité urbain, ce taux peut être réduit pour que le total VM + VMA n’excède pas le taux maximum autorisé par la loi pour le VM seul.

Le VMA ne se substitue pas au VM : il s’y ajoute, dans la limite des plafonds légaux.

Le versement mobilité régional et rural (VMRR) : une nouveauté 2025–2026

Créé par la loi de finances pour 2025, le versement mobilité régional et rural (VMRR) permet aux régions de métropole (hors Île-de-France) et à la collectivité de Corse d’instituer un versement mobilité spécifique à l’échelle régionale. Ce dispositif a été étendu aux DROM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte) en 2025.

Taux maximal de 0,15%

Le taux du VMRR est fixé dans la limite de 0,15% des rémunérations soumises à cotisations. La région peut réduire ce taux ou le ramener à zéro sur le territoire de certains établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

Régions concernées en 2025–2026

Au 1er janvier 2026, plusieurs régions ont mis en place le VMRR, notamment

  • PACA : 0,15% depuis le 1er juillet 2025, puis 0,08% depuis le 1er janvier 2026 sur la totalité du territoire ;

  • Occitanie : 0,15% sur une partie du territoire depuis novembre 2025 ;

  • Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine : taux de 0,15% (sur tout ou partie du territoire) depuis janvier 2026.

Modalités déclaratives

Comme le VM et le VMA, le VMRR est payé auprès de l’URSSAF compétente dans les mêmes conditions et aux mêmes dates que les cotisations de sécurité sociale.

Tableau récapitulatif : VM, VMA et VMRR

Caractéristique Versement mobilité (VM) Versement mobilité additionnel (VMA) Versement mobilité régional et rural (VMRR)
Autorité compétente AOM (communautés de communes, métropoles, etc.) Syndicats mixtes de transport (SRU) Régions (hors Île-de-France) et Corse, DROM
Seuil d’effectif 11 salariés et plus 11 salariés et plus (même assiette que VM) 11 salariés et plus (même assiette que VM)
Taux maximal 0,2% à 2% selon territoires 0,50% 0,15%
Cumul possible Oui, avec VMA et/ou VMRR Oui, avec VM (dans la limite des plafonds) Oui, avec VM et/ou VMA
Entrée en vigueur Depuis longtemps (ex-versement transport) Depuis plusieurs années Depuis 2025 (loi de finances 2025)
Recouvrement URSSAF / MSA, mêmes dates que la sécurité sociale URSSAF / MSA, mêmes dates que la sécurité sociale URSSAF / MSA, mêmes dates que la sécurité sociale

Points de vigilance pour la paie

  • Vérifier le ou les taux applicables selon la localisation exacte de chaque établissement (code postal, commune, EPCI).

  • Contrôler les cumuls : dans certaines zones, VM + VMA + VMRR peuvent coexister, dans la limite des plafonds légaux

  • Surveiller les évolutions 2026 : plusieurs AOM et régions ont modifié leurs taux ou périmètres au 1er janvier ou 1er juillet 2026.

  • S’assurer du bon paramétrage en paie : les contributions VM, VMA et VMRR doivent être calculées sur la bonne assiette et déclarées avec les codes de rubrique appropriés en DSN.

DSN : comment rectifier un montant de prélèvement à la source prélevé à tort le mois précédent ?

erreur PAS en DSN

En cas d’erreur de calcul du prélèvement à la source (PAS) sur un bulletin de salaire, la régularisation s’effectue via un bloc spécifique de la DSN : le bloc « Régularisation du prélèvement à la source – S21.G00.56 ». Cette procédure permet de corriger, dans une déclaration ultérieure, un montant de PAS prélevé à tort un mois antérieur, dans le respect des règles fixées par la DGFIP et de la norme DSN.

Le cadre légal : une possibilité de régularisation prévue dès l’origine

Contrairement à une idée reçue, la possibilité de régulariser une erreur de PAS n’est pas une nouveauté apparue après coup : elle est prévue par les textes dès la conception du dispositif, avant même son entrée en vigueur.

  • Le décret n° 2017-866 du 9 mai 2017 a inséré dans l’annexe II du CGI l’article 95 ZO, qui autorise le collecteur (l’employeur) à régulariser une erreur commise dans une déclaration d’un mois donné, au moyen d’une inscription distincte dans une déclaration d’un mois de la même année civile.
  • Le BOFIP du 27 février 2019 (BOI-IR-PAS-30-10-50) est venu préciser les modalités pratiques de cette régularisation, quasiment au moment même du lancement du PAS au 1er janvier 2019.
  • Le bloc DSN correspondant, le S21.G00.56, figure dans la norme DSN dès la version 2019 : il n’a pas été « ajouté » en 2020, contrairement à ce que l’on peut parfois lire. Ce qui porte le nom de « norme DSN 2020 » est simplement le millésime technique de la norme (comme P20V01, P21V01…), pas la date de création du bloc de régularisation.

Ce qui a réellement évolué au fil des versions de norme, ce sont des ajustements techniques :

  • à partir de la version P21V01, la rubrique S21.G00.56.015 (« Montant soumis au prélèvement à la source déclaré le mois de l’erreur ») est devenue obligatoire pour les rectifications de type « erreur sur taux », rendant facultative la rubrique S21.G00.56.004 (rémunération nette fiscale) ;
  • une tolérance temporaire, limitée aux corrections d’indus ou de rémunération nette fiscale (RNF) réalisées en 2019, 2020 et 2021, permettait d’utiliser le taux courant à défaut du taux historique. Cette tolérance n’a pas été reconduite en 2022.

Les deux types d’erreurs régularisables

L’article 95 ZO et le BOFIP distinguent deux natures d’erreurs, qui correspondent chacune à un code « type d’erreur » dans le bloc S21.G00.56 :

  • Erreur sur l’assiette (code « 01 – Rectification sur rémunération nette fiscale ») : par exemple un oubli d’abattement, un revenu à tort considéré comme imposable ou exonéré.
  • Erreur sur le taux (code « 02 – Rectification sur taux ») : par exemple un taux différent de celui transmis par la DGFIP, appliqué par erreur.

Dans les deux cas, le collecteur applique la différence entre ce qui aurait dû être déclaré et ce qui l’a réellement été, au titre du mois où l’erreur s’est produite.

Deux scénarios de régularisation

Avant de modifier la DSN, il faut identifier la situation :

1. Compensation possible sur le mois suivant

Si le salarié est toujours présent et que le trop-perçu peut être absorbé par la paie du mois courant, la compensation se fait directement sur le bulletin suivant : l’assiette imposable et le montant de PAS du mois courant intègrent la correction, sans qu’un bloc de régularisation distinct soit nécessaire.

2. Bloc de régularisation S21.G00.56 obligatoire

Si la compensation n’est pas possible (salarié sorti des effectifs, montant trop élevé pour être absorbé, erreur trop ancienne), un bloc de régularisation dédié doit être déclaré, distinct du PAS du mois courant.

Étapes pour rectifier une erreur de PAS en DSN

Étape 1 — Identifier l’erreur et rassembler les données

Avant toute déclaration, il faut connaître :

  • le mois principal déclaré porteur de l’erreur ;
  • le montant initialement prélevé ;
  • le montant qui aurait dû être prélevé ;
  • le taux de PAS appliqué le mois de l’erreur (et non le taux courant, sauf tolérance expresse).

Étape 2 — Corriger le bulletin et informer le salarié

Même si la régularisation fiscale passe par la DSN, il reste nécessaire d’émettre un bulletin rectificatif (ou un avenant), de le remettre au salarié et de lui expliquer l’impact (remboursement, compensation, incidence sur le net à payer). C’est une étape de transparence et de conformité documentaire.

Étape 3 — Renseigner le bloc S21.G00.56

Dans le logiciel de paie, une inscription distincte est ajoutée au titre du mois de régularisation. Les champs clés :

  • Mois de l’erreur : le mois principal déclaré portant l’erreur d’origine (ex. 062025 pour juin 2025) ;
  • Type d’erreur : 01 (assiette/RNF) ou 02 (taux) ;
  • Montant de régularisation : différence entre le montant prélevé à tort et le montant correct (négatif si trop-perçu à rembourser, positif si complément dû) ;
  • Taux appliqué le mois de l’erreur : le taux historique, sauf tolérance temporaire expressément prévue.

Exemple concret

Juin 2025 : PAS prélevé = 120 € (taux 6 % sur une assiette de 2 000 €). Erreur constatée : l’assiette correcte était 1 800 €, soit un PAS correct de 108 €. Trop-perçu : 12 €.

En juillet 2025, la DSN intègre un bloc S21.G00.56 avec :

  • Mois de l’erreur : 062025
  • Type d’erreur : 01
  • Montant de régularisation : –12 €
  • Taux : 6 %

Étape 4 — Déposer la DSN

Générer la DSN du mois de régularisation, vérifier que le bloc S21.G00.56 apparaît distinctement du PAS du mois courant, et transmettre dans les délais habituels (5 ou 15 du mois selon l’effectif). Si l’erreur porte sur une DSN déjà déposée et que l’échéance n’est pas dépassée, une DSN « annule et remplace » reste possible.

Étape 5 — Suivre les comptes rendus métier (CRM)

Après le dépôt, il est recommandé de vérifier les CRM DSN pour s’assurer de l’absence d’anomalie sur le bloc de régularisation, confirmer la bonne prise en compte par la DGFIP, et documenter toute anomalie résiduelle.

Délais et tolérances

La règle générale : la régularisation doit intervenir au titre d’un mois de la même année civile que celle de l’erreur.

  • Erreur en mars N → régularisation possible jusqu’à la DSN de décembre N (déposée en janvier N+1).
  • Par tolérance, il est admis de régulariser jusqu’à la DSN de janvier N+1, transmise en février N+1.
  • Au-delà, la régularisation via DSN n’est plus possible : il faut alors passer par une réclamation auprès du centre des finances publiques, ou attendre la déclaration annuelle de revenus du salarié.

Pour les erreurs se répétant sur plusieurs mois à cheval sur deux exercices fiscaux, il faut déclarer au minimum un bloc S21.G00.56 par exercice concerné.

Bonnes pratiques pour limiter les erreurs de PAS

  • Vérifier systématiquement les taux transmis par la DGFIP avant chaque paie ;
  • Contrôler les assiettes nettes fiscales déclarées en DSN (bloc S21.G00.50) ;
  • Mettre en place un point de contrôle mensuel entre paie et DSN ;
  • Documenter chaque régularisation (motif, calcul, impact salarié et fiscal) pour assurer la traçabilité.

Sources : article 95 ZO de l’annexe II du CGI ; BOI-IR-PAS-30-10-50 (27/02/2019) ; documentation net-entreprises.fr sur le bloc S21.G00.56.

Refus d’un CDI en fin de CDD : le signalement de l’employeur à France Travail

refus cdi apres cdd

Depuis le 1er janvier 2024, un employeur dont le salarié en fin de CDD (ou de mission d’intérim) refuse une proposition de CDI doit informer France Travail de ce refus. Instaurée par la loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 dite « loi marché du travail », cette obligation de signalement est souvent associée, dans la pratique des gestionnaires de paie, à la clôture du dossier : solde de tout compte, certificat de travail et DSN de fin de contrat. Pourtant, le signalement obéit à des règles propres qui ne figurent pas dans le reçu pour solde de tout compte. Cet article fait le point complet : depuis quand, pourquoi, qui est concerné, comment l’information est transmise, et quelles conséquences pour le salarié comme pour l’employeur.

Le principe : une obligation de signalement depuis le 1er janvier 2024

Le dispositif repose sur trois textes complémentaires :

  • la loi n° 2022-1598 du 21 décembre 2022 portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi (article 2), qui a créé les articles L. 1243-11-1 du Code du travail (CDD) et L. 1251-33-1 (contrats de mission) ;

  • la loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 dite « loi plein emploi », qui a fixé l’entrée en vigueur du dispositif au 1er janvier 2024 ;

  • le décret n° 2023-1307 du 28 décembre 2023 (articles R. 1243-2 et R. 1251-3-1), complété par un arrêté du 3 janvier 2024 qui désigne la plateforme dématérialisée de signalement.

Le mécanisme est simple dans son principe : lorsque le salarié refuse une proposition de CDI répondant à des conditions strictes, l’employeur en informe France Travail en justifiant du caractère similaire de l’emploi proposé (art. L. 1243-11-1). Le refus est ensuite pris en compte par l’opérateur pour examiner les droits du demandeur d’emploi à l’assurance chômage.

Le dispositif a été contesté par plusieurs organisations syndicales (CGT, CGT-FO, Solidaires, FSU), mais le Conseil d’État l’a validé dans une décision du 18 juillet 2025 (n° 492244), après avoir déjà écarté une question prioritaire de constitutionnalité en juillet 2024 . Il s’applique donc pleinement.

Pourquoi cette obligation ?

L’objectif affiché du législateur est de favoriser le plein emploi et la stabilisation de l’emploi en contrats courts : il s’agit de renforcer le partage d’informations entre les employeurs et France Travail et de décourager les refus répétés de pérennisation, susceptibles de priver le demandeur d’emploi de ses allocations (voir ci-dessous). Concrètement, le signalement permet à France Travail de repérer les situations de refus répétés et de réaliser un examen approfondi des droits à l’assurance chômage de l’ancien salarié

L’obligation pèse sur :

  • l’employeur d’un salarié en CDD à qui il a proposé de poursuivre la relation de travail en CDI ;

  • l’entreprise utilisatrice d’un salarié intérimaire à qui elle a proposé un CDI à l’issue de la mission — et non l’entreprise de travail temporaire .

Attention : le signalement n’est dû que si la proposition de CDI respecte toutes les conditions posées par les textes. Une proposition hors cadre ne déclenche aucune obligation.

Les conditions cumulatives de la proposition de CDI

Le signalement n’est obligatoire que si les conditions suivantes sont cumulativement réunies (France Travail, art. R. 1243-2) :

  1. Une proposition écrite, notifiée avant le terme du CDD ou de la mission : lettre recommandée avec accusé de réception, lettre remise en main propre contre décharge, ou tout autre moyen donnant date certaine à sa réception ;

  2. Un poste similaire au contrat en cours :

    • même emploi ou emploi similaire ;

    • rémunération au moins équivalente ;

    • durée de travail équivalente ;

    • même classification ;

    • lieu de travail inchangé ;

  3. Un délai de réflexion raisonnable laissé au salarié pour se prononcer, avec la mention expresse qu’à l’issue de ce délai, l’absence de réponse vaut refus (refus tacite).

C’est cette troisième condition qui fait souvent défaut en pratique : sans mention claire du délai et de la sanction du silence, le caractère tacite du refus est difficile à établir.

Et pour l’intérim ? Pour les contrats de mission, l’entreprise utilisatrice est soumise à la même logique de proposition écrite avant la fin de la mission et d’information de France Travail en cas de refus (art. L. 1251-33-1). Les conditions légales y sont toutefois formulées plus succinctement : même emploi ou emploi similaire, sans changement du lieu de travail.

Comment l’information est-elle transmise, et à qui ?

L’information est adressée à France Travail, par voie dématérialisée, en deux étapes (France Travail) :

Étape 1 : la déclaration sur le téléservice

L’employeur transmet les informations via la plateforme « Démarches numériques », accessible sur demarche.numerique.gouv.fr (démarche « Refus de CDI : informer France Travail », également référencée sur entreprendre.service-public.gouv.fr). Le signalement doit être effectué dans le mois qui suit le refus exprès du salarié ou, en l’absence de réponse, l’expiration du délai de réflexion.

Le contenu de l’information est encadré par l’article R. 1243-2 :

  • un descriptif de l’emploi proposé et les éléments justifiant que l’emploi est identique ou similaire, que la rémunération est au moins équivalente, que la durée de travail est équivalente et que la classification et le lieu de travail sont identiques ;

  • le délai laissé au salarié pour se prononcer ;

  • la date du refus exprès, ou la date d’expiration du délai au terme duquel le refus est réputé acquis.

Si France Travail constate que les informations sont incomplètes, elle adresse une demande de compléments à l’employeur, qui dispose de 15 jours pour y répondre.

Étape 2 : la mention en DSN

Après la déclaration en ligne, l’employeur renseigne en DSN, au moment du signalement de fin de contrat, la rubrique « Refus de la proposition d’un CDI suite à CDD ou contrat de mission » avec la valeur « Proposition refusée » (France Travail).

Point de vigilance essentiel : la DSN ne se substitue pas au téléservice. Un signalement effectué uniquement en DSN, sans déclaration préalable sur la plateforme, peut priver à tort l’ancien salarié de ses droits aux allocations de chômage — avec un risque de contestation pour l’employeur. Les deux démarches sont cumulatives.

Solde de tout compte : ce qui change (et ce qui ne change pas)

Le reçu pour solde de tout compte n’est pas le support légal du signalement : il liste les sommes versées au salarié et n’a pas vocation à mentionner le refus d’un CDI. En revanche, la clôture du CDD dans le logiciel de paie est le bon moment pour :

  • exclure l’indemnité de fin de contrat (prime de précarité) si le salarié a refusé un CDI conforme (voir ci-dessous) ;

  • déclencher la démarche en ligne de signalement (dans le mois du refus) ;

  • renseigner la rubrique DSN de fin de contrat.

C’est ce rapprochement chronologique, dans le dossier de fin de contrat, qui crée la confusion entre solde de tout compte et signalement.

Quelles conséquences pour le salarié ?

La perte de l’indemnité de fin de contrat (CDD)

Pour les salariés en CDD, la conséquence est immédiate et antérieure au dispositif de signalement : l’indemnité de fin de contrat (10 % de la rémunération brute totale) n’est pas due lorsque le salarié refuse un CDI pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d’une rémunération au moins équivalente (art. L. 1243-10, 3°). La Cour de cassation a précisé que cette règle s’applique même si le salarié avait déjà annoncé qu’il ne souhaitait pas poursuivre au-delà du terme, dès lors que la proposition a été faite avant la fin du CDD (Cass. soc., 3 juillet 2024, n° 23-12.340, ).

Différence notable pour l’intérim : le refus d’un CDI proposé par l’entreprise utilisatrice ne figure pas parmi les cas de perte de l’indemnité de fin de mission prévus par l’article L. 1251-33. L’intérimaire refusant un CDI conserve donc son IFM, mais reste exposé aux conséquences côté assurance chômage.

Le risque sur les allocations de chômage

C’est le cœur du dispositif issu de la loi marché du travail :

  • Au premier refus : aucune suppression automatique. France Travail vérifie les informations transmises, puis informe l’ancien salarié par courrier des conséquences possibles de son refus sur ses droits, en cas de refus répété (France Travail).

  • Au deuxième refus : le salarié qui a refusé à deux reprises au cours des 12 mois précédents une proposition de CDI conforme (ou une proposition à l’issue de deux missions d’intérim) ne peut pas bénéficier de l’allocation d’assurance chômage (ARE), sauf exceptions (art. L. 5422-1, I, Code du travail numérique).

Deux exceptions permettent de conserver l’ouverture des droits :

  1. le demandeur d’emploi a été employé en CDI au cours de la même période de 12 mois ;

  2. la dernière proposition ne respectait pas les critères de son contrat d’engagement (ex-projet personnalisé d’accès à l’emploi, PPAE) élaboré avec France Travail avant le dernier refus.

Le salarié peut par ailleurs contester la décision de France Travail devant le juge, et transmettre à l’opérateur tout élément utile à l’examen de sa situation, comme l’a rappelé le Conseil d’État .

Quels risques pour l’employeur ?

Aucune sanction spécifique (pénale ou administrative) n’est prévue à ce jour en cas de signalement manquant ou tardif. Deux risques de fond subsistent néanmoins :

  • un signalement incomplet ou effectué uniquement en DSN peut priver à tort le salarié de ses droits, avec un risque de contestation ou de litige ;

  • une proposition de CDI mal formalisée (pas d’écrit, pas de date certaine, pas de mention du délai de réflexion) prive le signalement de valeur : le refus ne pourra pas être opposé au salarié devant France Travail.

Récapitulatif : les points clés en un tableau

Question Réponse
Depuis quand ? 1er janvier 2024
Textes de référence Loi 2022-1598 (art. L. 1243-11-1, L. 1251-33-1, L. 5422-1), décret 2023-1307, arrêté du 3 janvier 2024
Qui signale ? L’employeur (CDD) ou l’entreprise utilisatrice (intérim)
À qui ? France Travail
Sous quel délai ? 1 mois à compter du refus (exprès ou tacite)
Comment ? Téléservice « Démarches numériques » + rubrique DSN de fin de contrat (les deux sont cumulatives)
Conséquence au 1er refus Information du salarié par courrier ; perte de la prime de précarité (CDD uniquement)
Conséquence au 2e refus en 12 mois Pas d’ouverture de droits à l’ARE, sauf exceptions (CDI dans la période, dernière offre non conforme au contrat d’engagement)

FAQ : refus d’un CDI en fin de CDD

Est-ce qu’un salarié perd le chômage s’il refuse un CDI ?
Pas dès le premier refus. En revanche, après deux refus en 12 mois de propositions de CDI conformes (même emploi ou emploi similaire, rémunération au moins équivalente, durée de travail équivalente, classification et lieu inchangés), l’ouverture des droits à l’ARE peut lui être refusée, sauf s’il a travaillé en CDI pendant cette période ou si la dernière offre ne correspondait pas à son contrat d’engagement (art. L. 5422-1).

Qui doit signaler le refus d’un CDI à France Travail ?
L’employeur pour un salarié en CDD ; l’entreprise utilisatrice pour un intérimaire en fin de mission (art. L. 1251-33-1).

Quel est le délai pour effectuer le signalement ?
Un mois à compter du refus exprès du salarié ou, en l’absence de réponse, de l’expiration du délai de réflexion (art. R. 1243-2).

Le signalement du refus de CDI se fait-il en DSN ?
En partie seulement : la DSN (rubrique « Refus de la proposition d’un CDI suite à CDD ou contrat de mission », valeur « Proposition refusée ») complète le téléservice sur la plateforme Démarches numériques, mais ne le remplace pas (France Travail).

Le refus d’un CDI fait-il perdre la prime de précarité ?
Oui pour un CDD, dès le premier refus d’une proposition conforme (art. L. 1243-10, 3°). Non pour un intérimaire, qui conserve l’indemnité de fin de mission (art. L. 1251-33).

Le silence du salarié vaut-il refus ?
Oui, à condition que la proposition écrite lui ait indiqué expressément qu’à l’issue du délai de réflexion, l’absence de réponse vaut rejet de la proposition (art. R. 1243-2).

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