Arrêts maladie et IJSS AT/MP limités dans le temps

Trois décrets publiés au Journal officiel du 13 juin 2026 précisent plusieurs mesures de la LFSS pour 2026. Ils encadrent désormais la durée de prescription des arrêts maladie et fixent une limite au versement des IJSS en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

À compter du 1er septembre 2026, la primo-prescription d’un arrêt maladie sera limitée à 31 jours, tandis qu’un renouvellement pourra aller jusqu’à 62 jours. En cas d’arrêt de travail supérieur à 3 mois, le prescripteur pourra solliciter l’avis du service du contrôle médical de l’Assurance maladie.

Autre évolution majeure : à partir du 1er janvier 2027, la durée maximale de versement des IJSS AT/MP sera fixée à 4 ans. Cette limite ne s’appliquera pas aux salariés en temps partiel thérapeutique.

Fait générateur des cotisations : deux évolutions de fond

Fait générateur

En paie, le fait générateur désigne le moment à partir duquel les règles d’assiette, de taux, de plafond et d’exonération deviennent applicables pour calculer les cotisations sociales. Le principe de base reste inchangé : on applique en général les règles en vigueur au titre de la période d’activité pour laquelle la rémunération est due, et non celles en vigueur à la date du versement.

Mais deux ajustements importants ont été apportés fin 2025 pour sécuriser les pratiques des employeurs et harmoniser le droit positif avec la doctrine du BOSS.

Le principe de rattachement

Le BOSS rappelle que la redevabilité suit la rémunération elle-même : les droits et obligations en matière de cotisations naissent dès lors qu’une somme est due, indépendamment du moment où elle est effectivement payée. En pratique, cela signifie qu’un salaire versé en janvier pour un travail de décembre reste soumis aux règles applicables en décembre, car c’est la période d’emploi qui sert de référence.

Ce principe vaut aussi pour les sommes versées pendant un contrat en cours, y compris en cas de suspension du contrat, et il structure toute la mécanique de paie sociale.

Première évolution : les versements périodiques après départ

La première évolution concerne les éléments de rémunération habituellement versés selon une périodicité différente du mois, puis payés après le départ du salarié. Le décret du 26 décembre 2025 a modifié l’article R. 242-1 du Code de la sécurité sociale pour préciser que, dans ce cas, les règles applicables sont celles retenues pour le versement de ces mêmes éléments aux salariés toujours présents dans l’entreprise.

Autrement dit, pour des éléments comme certains dispositifs d’intéressement ou primes périodiques, on se rattache aux règles applicables à la période d’activité correspondant à la rémunération de référence, et non à une logique spécifique de “sortant”. Cette rédaction rejoint la doctrine du BOSS, qui prévoit que les cotisations sont calculées selon les règles en vigueur au cours de la période d’activité correspondant à la rémunération avec laquelle ces éléments auraient dû être versés.

Deuxième évolution : les sommes liées à la rupture

La seconde évolution concerne les sommes dues au titre de la fin de la relation de travail, comme les indemnités de rupture ou de non-concurrence. Là encore, le décret a simplifié la rédaction du Code de la sécurité sociale : les règles applicables sont désormais celles en vigueur au terme de la dernière période d’emploi, et non plus celles de la “dernière période d’activité ayant donné lieu à rémunération”.

Cette précision est importante en pratique, car elle évite les hésitations lorsque la dernière période d’emploi n’a pas donné lieu à rémunération ou lorsqu’il existe des particularités de calendrier. Le BOSS avait déjà retenu cette approche, en visant expressément la dernière période d’emploi du salarié, y compris si elle n’est pas rémunérée.

Conséquences pratiques en paie

Ces évolutions ont un impact direct sur la gestion des bulletins de paie de sortie et des régularisations. Elles imposent de distinguer plus nettement entre : les éléments de rémunération rattachés à une période antérieure d’activité, les éléments périodiques versés après le départ, et les sommes directement liées à la rupture du contrat.

Pour les services paie et SIRH, l’enjeu est double : fiabiliser les paramètres de calcul au bon moment, et sécuriser la DSN en évitant les rattachements erronés qui pourraient conduire à un redressement URSSAF. En pratique, cette clarification est particulièrement utile pour les entreprises qui gèrent des primes annuelles, de l’intéressement, des rappels de salaire ou des indemnités de rupture dans un environnement multi-règles.

Ce qu’il faut retenir

Le droit positif et la doctrine convergent désormais sur deux points essentiels : d’une part, les versements périodiques après départ sont traités comme les versements équivalents des salariés en poste ; d’autre part, les sommes liées à la rupture sont rattachées à la dernière période d’emploi.

Pour les praticiens de la paie, le bon réflexe consiste donc à raisonner d’abord en fonction de la nature de la somme, puis à identifier la période d’emploi de référence et les règles sociales applicables à cette période. Le décret n° 2025-1338 du 26 décembre 2025 a ainsi donné une base réglementaire claire à une doctrine déjà bien installée dans le BOSS

SMIC en juin 2026 : Nouveaux montants et explication de la hausse

 

HAUSSE SMIC JUIN 2026

Dès le 1er juin 2026, le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) connaîtra une nouvelle revalorisation en France. Cette hausse, annoncée par le gouvernement, vise à protéger le pouvoir d’achat des travailleurs face à la remontée récente de l’inflation. Si vous êtes salarié au salaire minimum ou employeur, voici tout ce que vous devez savoir sur cette mise à jour importante de la fiche de paie.

Les nouveaux montants du SMIC au 1er juin 2026

La revalorisation actée pour ce mois de juin est de +2,41 % . Cette augmentation représente environ 44 euros bruts supplémentaires par mois pour un salarié à temps plein (35 heures hebdomadaires) .

Voici le détail des nouveaux montants applicables dès le 1er juin 2026 :

  • SMIC horaire brut : 12,31 €
  • SMIC mensuel brut (pour 35h) : 1 867,02 €
  • SMIC mensuel net (pour 35h) : Environ 1 477,93 €

Ces montants devront obligatoirement figurer sur les fiches de paie des salariés concernés pour les heures travaillées à partir du mois de juin.

Pourquoi une revalorisation anticipée en juin ?

Contrairement à la hausse annuelle traditionnelle du 1er janvier, cette augmentation de juin 2026 est le résultat d’un mécanisme légal de revalorisation automatique .

En France, le Code du travail prévoit que si l’indice des prix à la consommation (hors tabac) des ménages du premier quintile augmente de plus de 2 % par rapport à la dernière augmentation du SMIC, le salaire minimum doit être rehaussé dans les mêmes proportions. L’inflation étant repassée au-dessus de la barre des 2 % , cette hausse mécanique de 2,4 % s’applique donc pour compenser la perte de pouvoir d’achat des ménages les plus modestes .

Ce qu’il faut retenir pour les entreprises et les salariés

Pour les salariés, cette augmentation se traduira par une légère hausse du revenu disponible à la fin du mois, les aidant à faire face à l’augmentation du coût de la vie. Il est conseillé de bien vérifier sa fiche de paie de juin pour s’assurer que le nouveau taux horaire de 12,31 € brut est bien appliqué.

Pour les employeurs et les services RH, cette revalorisation nécessite une mise à jour immédiate des logiciels de paie. Il est crucial de s’assurer que les salaires versés à compter du 1er juin respectent ce nouveau minimum légal, sous peine de sanctions. Par ailleurs, cette hausse du SMIC peut entraîner par ricochet la nécessité de revoir les grilles salariales des conventions collectives si les premiers échelons se retrouvent rattrapés par le nouveau salaire minimum.

En résumé : Le SMIC net passe à près de 1 478 € mensuels au 1er juin 2026 grâce à une hausse automatique de 2,41 % liée à l’inflation. Une mesure essentielle pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs au salaire minimum en France.