Taux AT/MP 2025 Calcul des Cotisations

Tarification AT/MP

Qu’est-ce que le taux AT/MP ?

Le taux AT/MP (Accidents du Travail/Maladies Professionnelles) conditionne la valeur d’ une cotisation sociale obligatoire versée par les employeurs à l’URSSAF. Cette contribution essentielle permet de financer les prestations versées aux salariés en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Les différents régimes de tarification

La détermination du taux AT/MP dépend principalement de l’effectif de l’entreprise. On distingue trois régimes :

1. Le taux collectif

    • S’applique aux entreprises de moins de 20 salariés
    • Basé sur un barème forfaitaire selon la branche d’activité
    • Indépendant de la sinistralité propre à l’entreprise

2. Le taux individuel

    • Concerne les entreprises de 150 salariés et plus
    • Calculé uniquement sur la sinistralité réelle de l’entreprise
    • Déterminé par SIRET après calcul au niveau SIREN

3. Le taux mixte

    • Pour les entreprises ayant entre 20 et 149 salariés
    • Combine taux collectif et taux individuel
    • La proportion de chaque taux varie selon l’effectif

Le calcul du taux AT individuel

Le calcul s’effectue en deux étapes principales :

1. Calcul du taux brut

Taux brut = (Coût des imputations N-2, N-3, N-4 / Masse salariale N-2, N-3, N-4) × 100

2. Calcul du taux net

Taux net = (Taux brut + M1) × (M2 + 1) + M3 + M4

Où :

    • M1 : Majoration trajet
    • M2 : Majoration charges
    • M3 : Compensation
    • M4 : Majoration pénibilité

Impact temporel des sinistres

Un point important à comprendre est l’impact différé des accidents du travail sur le taux AT :

    • Le taux AT 2025 prend en compte la sinistralité des années 2021, 2022 et 2023
    • Un sinistre survenu en 2025 impactera les taux AT de 2027, 2028 et 2029

Conseils pour les entreprises

Pour optimiser son taux AT/MP, il est recommandé de :

    • Mettre en place une politique de prévention efficace
    • Suivre régulièrement sa sinistralité
    • Vérifier l’exactitude des imputations
    • Former les équipes aux bonnes pratiques de sécurité

Conclusion

Le taux AT/MP représente un enjeu financier majeur pour les entreprises. Sa compréhension et sa maîtrise sont essentielles pour optimiser ses charges sociales tout en garantissant la sécurité des salariés.

DSN de substitution : Nouvelle étape dans la simplification des déclarations sociales

DSN SUBSTITUTION 2025

Qu’est-ce que la DSN de substitution ?

La DSN de substitution est un nouveau dispositif de vérification et de correction des Déclarations Sociales Nominatives (DSN) erronées.

La Loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2023 et le décret n°2023-1384 du 29 décembre 2023 constituent les sources réglementaires de cette évolution.

Ce système permet aux organismes de protection sociale (OPS) d’intervenir directement pour corriger les anomalies détectées dans les DSN des employeurs.

Objectifs de la DSN de substitution

Les principaux objectifs de ce nouveau dispositif sont :

  • Fiabiliser davantage les déclarations sociales
  • Assurer l’exactitude des droits à retraite des salariés
  • Simplifier les relations entre les entreprises et les organismes sociaux.

DSN de substitution

  •  : Garantir que les informations déclarées par les employeurs sont exactes et conformes.

  •  : Assurer une prise en compte correcte des droits des salariés pour leurs retraites.

  •  : Réduire la complexité administrative pour les entreprises et les organismes sociaux.

Calendrier de déploiement

Le déploiement de la DSN de substitution se fera progressivement :

  1. Depuis mars 2024 : Émission mensuelle de Comptes Rendus Métiers (CRM) normalisés par les organismes de recouvrement
  2. Mars 2025 : Introduction des CRM de rappel pour les anomalies non corrigées de l’année 2024
  3. Mars 2026 : Réception des CRM de rappel pour l’année 2025
  4. Mai/Juin 2026 : Mise en œuvre généralisée des DSN de substitution par l’Urssaf et la MSA

Impact sur les droits des salariés

La DSN de substitution aura un impact significatif sur les droits à retraite des salariés. Les caisses de recouvrement des cotisations vieillesse et retraite s’appuieront sur les données issues de la DSN de substitution pour calculer les droits des salariés, ne tenant ainsi pas compte des DSN initialement transmises par les employeurs.

Conséquences pour les entreprises et les RH

  1. Réduction de la charge de travail : Environ 10% des DSN contiennent actuellement des erreurs. La correction automatique d’une partie de ces erreurs devrait réduire la charge de travail des RH et des gestionnaires de paie.
  2. Nécessité de vigilance accrue : Les entreprises devront être plus attentives aux CRM transmis par les organismes et intégrer les corrections dans leurs paies le plus tôt possible.
  3. Simplification des processus : La DSN de substitution s’inscrit dans une démarche plus large de simplification des relations entre les entreprises et les organismes sociaux

La DSN de substitution représente une avancée majeure dans la simplification et la fiabilisation des déclarations sociales. Bien que son déploiement complet ne soit prévu qu’en 2026, les entreprises doivent dès à présent se préparer à ces changements pour en tirer pleinement parti et éviter les écueils potentiels.

PLFSS 2025 : Les Nouvelles Mesures Paie

PLFSS 2025

Les principales modifications des allègements de charges patronales pour 2025-2026

Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2025 introduit des changements significatifs dans la gestion de la paie. Voici une analyse détaillée des nouvelles dispositions.

Réforme des allègements généraux en 2025

Les modifications majeures concernent les réductions de cotisations patronales :

    • Cotisation patronale d’assurance maladie :
    • Nouveau plafond fixé à 2,25 SMIC (contre 2,5 précédemment)
    • Réduction maintenue à 6 points
    • Taux effectif de 7% (au lieu de 13%)
    • Cotisation patronale d’allocations familiales :
    • Nouveau seuil à 3,3 SMIC (contre 3,5 SMIC auparavant)
    • Réduction de 1,8 point maintenue
    • Taux effectif de 3,45% (au lieu de 5,25%)

Changements prévus pour 2026

Une refonte importante du système est programmée :

    • Suppression des réductions de taux sur les cotisations patronales (maladie et allocations familiales)
    • Nouvelle réduction générale dégressive s’annulant à 3 SMIC

Mesures spécifiques pour certaines catégories

Apprentissage et formation

À partir du 1er mars/avril 2025 (selon la date de publication au JO) :

    • Exonération des cotisations salariales pour les apprentis
    • CSG/CRDS exonérée sur la part de rémunération ≤ 50% du SMIC
    • Application aux nouveaux contrats uniquement

Prime de partage de la valeur (PPV)

Dès 2025 :

    • Intégration dans le calcul de la réduction générale de cotisations
    • Impact sur le coefficient et l’assiette de réduction

Autres dispositions importantes

Attribution d’actions gratuites

    • Augmentation du taux de contribution patronale à 30% (contre 20% précédemment)
    • Application prévue dès mars/avril 2025

Mesures abandonnées

    • Suppression du projet de seconde journée de solidarité
    • Abandon du doublement de la contribution patronale de solidarité pour l’autonomie

Impact sur les branches professionnelles

À partir de 2026 :

    • Nouvelle base de calcul pour les entreprises dont les branches n’ont pas revalorisé leurs minima
    • Application de la réduction générale sur le salaire minimal de branche plutôt que sur le SMIC

Conseils pratiques pour les entreprises

Pour s’adapter à ces changements :

    • Mettre à jour les logiciels de paie
    • Former les équipes RH aux nouvelles dispositions
    • Anticiper l’impact financier des modifications
    • Planifier les changements de paramétrage pour 2025 et 2026

Conclusion

Ces nouvelles mesures du PLFSS 2025 marquent une évolution significative du système de cotisations sociales français. Les entreprises doivent se préparer à ces changements qui impacteront significativement leur gestion de la paie et leurs charges sociales.

Cet article reflète les dispositions connues au moment de la rédaction. Les modalités d’application pourront être précisées par décret.