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DSN de substitution : l’Urssaf peut désormais corriger vos déclarations à partir de mai 2026

dsn DE SUBSTITUTION 2026

À compter de mai 2026, l’Urssaf et la MSA (Mutualité Sociale Agricole) disposeront d’un nouveau pouvoir : émettre une DSN de substitution pour corriger d’office les anomalies déclaratives non régularisées par les employeurs. Cette mesure, issue de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020 et précisée par le décret n°2023-1384 du 29 décembre 2023, vise à garantir les droits sociaux des salariés, en particulier leurs droits à la retraite.

Contexte : pourquoi la DSN de substitution ?

La Déclaration Sociale Nominative (DSN) est la pierre angulaire du système déclaratif français. Mensuelle et obligatoire, elle permet de collecter les cotisations sociales et de garantir les droits des salariés : allocations chômage, indemnités journalières, prestations sociales sous conditions de ressources (RSA, prime d’activité), et surtout droits à la retraite.

Le problème des anomalies persistantes

Malgré les relances régulières de l’Urssaf, de nombreuses entreprises ne corrigent pas les erreurs détectées dans leurs DSN. Ces anomalies, lorsqu’elles portent sur des données sensibles comme l’assiette plafonnée soumise à cotisations vieillesse, peuvent compromettre le calcul des futures pensions de retraite des salariés.

Face à ce constat, le législateur a créé la DSN de substitution : un mécanisme permettant à l’Urssaf de corriger elle-même les données erronées après une phase contradictoire, sans attendre l’initiative de l’employeur.

Cadre juridique de la DSN de substitution

Sources légales et réglementaires

  • Loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 de financement de la sécurité sociale pour 2020 (fondement légal)
  • Décret n°2023-1384 du 29 décembre 2023 relatif aux modalités de vérification et de correction des déclarations sociales nominatives (JO du 31/12/2023)
  • Article L.133-5-4 du Code de la sécurité sociale (pouvoir de substitution)

Champ d’application en 2026

Pour la première année d’application (2026), la DSN de substitution porte uniquement sur :

  • L’assiette plafonnée soumise à cotisations vieillesse (assiette brute plafonnée servant au calcul des droits à la retraite de base)

Cette restriction vise à sécuriser en priorité les données ayant un impact direct sur les droits retraite des salariés. D’autres données pourront être concernées ultérieurement.

Mode de fonctionnement : le calendrier de la substitution

La DSN de substitution n’est pas automatique. Elle intervient au terme d’un processus progressif respectant le principe du contradictoire.

Étape 1 : Détection et signalement mensuel (année N)

Tout au long de l’année, l’Urssaf émet des Comptes Rendus Métier (CRM) moins de 4 heures après le dépôt de chaque DSN, signalant les anomalies détectées. Ces CRM sont :

  • Intégrés dans votre logiciel de paie
  • Consultables sur votre espace en ligne urssaf.fr via le service Suivi DSN
  • Disponibles sur le tableau de bord de Net-entreprises

Étape 2 : CRM de rappel annuel (mars N+1)

En mars de l’année suivante (premier CRM de rappel en mars 2026 pour l’année 2025), si l’Urssaf constate que des anomalies n’ont pas été corrigées, elle émet un CRM de rappel annuel qui :

  • Dresse la liste exhaustive des anomalies non corrigées de l’année précédente
  • Propose des valeurs de correction pour les données substituables
  • Identifie les anomalies susceptibles de faire l’objet d’une DSN de substitution

Étape 3 : Phase contradictoire (mars à mai N+1)

À compter de la notification du CRM de rappel, l’employeur dispose d’un délai correspondant à deux échéances déclaratives pour :

  • Corriger les anomalies dans les DSN suivantes
  • Ou s’opposer de manière motivée aux propositions de correction via le service Suivi DSN

Exemple concret : Pour une entreprise avec une date d’exigibilité au 5 du mois :

  • DSN de février exigible le 5 mars 2026
  • CRM de rappel annuel reçu le 12 mars 2026
  • Seconde échéance déclarative : DSN d’avril exigible le 6 mai 2026
  • Délai limite pour corriger ou s’opposer : 6 mai 2026

Étape 4 : Émission de la DSN de substitution (mai-juin 2026)

Entre mai et juin 2026, si les anomalies n’ont pas été corrigées et qu’aucune opposition valable n’a été formulée, l’Urssaf :

  • Émet une DSN de substitution corrigeant les données erronées
  • Transmet un CRM d’information détaillant les corrections effectuées
  • Notifie sur l’espace en ligne de l’employeur le montant des cotisations sociales dues ou trop versées

Étape 5 : Conséquences financières

Si des cotisations supplémentaires sont dues :

  • L’employeur reçoit une mise en demeure
  • Il doit verser les cotisations dues avec majoration de retard

Si des cotisations ont été trop versées :

  • L’Urssaf procède au remboursement des sommes indues

Délai de contestation : L’employeur peut contester les effets de la substitution devant la Commission de Recours Amiable (CRA) dans un délai de 2 mois après la mise en demeure.

Données concernées et anomalies substituables

En 2026 : focus sur la retraite

Seule l’assiette plafonnée soumise à cotisations vieillesse sera substituée. Les anomalies fréquentes concernent :

  • Erreurs dans le calcul du plafond de sécurité sociale proratisé
  • Absence ou valeur incorrecte des jours calendaires déclarés
  • Incohérences entre période de rattachement et versement du salaire
  • Omission des éléments de rémunération soumis à cotisations vieillesse

Anomalies non substituables (mais à corriger)

D’autres anomalies continueront d’être signalées sans donner lieu à substitution en 2026, notamment :

  • Montant net social (impactant RSA et prime d’activité)
  • Cotisations patronales de santé et prévoyance
  • Données relatives aux mandataires sociaux
  • Modalités d’exercice du temps de travail

Comment éviter la DSN de substitution ?

1. Fiabiliser votre paie en amont

  • Paramétrer correctement votre logiciel de paie (nomenclatures DSN, fiches paramétrages)
  • Utiliser les outils de contrôle avant dépôt : DSN-Val et DSN-FPOC

2. Corriger au fil de l’eau

  • Consulter systématiquement les CRM mensuels dans votre logiciel de paie
  • Utiliser le service Suivi DSN sur votre espace urssaf.fr pour suivre vos anomalies en temps réel
  • Avant l’échéance : déposer une DSN « Annule et remplace »
  • Après l’échéance : corriger dans la DSN du mois suivant via un bloc de régularisation

3. Réagir au CRM de rappel annuel

Si vous recevez un CRM de rappel en mars :

  • Priorisez la correction des anomalies identifiées comme « substituables »
  • Utilisez les valeurs de correction proposées par l’Urssaf
  • En cas de désaccord, formulez une opposition motivée via Suivi DSN

4. S’outiller efficacement

  • Suivi DSN (Urssaf) : tableau de bord centralisé des anomalies avec conseils de correction
  • DSN-Fiab (Agirc-Arrco) : fiabilisation des données de retraite complémentaire
  • PEP’S (Caisse des Dépôts) : suivi des données relatives aux prestations

Les 7 anomalies DSN les plus fréquentes à éviter

Selon l’Urssaf, voici les erreurs les plus courantes :

  1. Période de rattachement du montant net social couvrant plusieurs mois civils
  2. Décalage de paie mal géré pour le montant net social
  3. Omission des parts patronales de mutuelle, prévoyance et retraite supplémentaire
  4. Déclaration incorrecte des mandataires sociaux (nature de contrat erronée)
  5. Absence ou valeur incorrecte des jours calendaires dans le bloc Activité
  6. Incohérence entre modalité d’exercice du temps de travail et quotité (temps plein vs temps partiel)
  7. Omission du SIRET de l’Urssaf de rattachement dans les cotisations individuelles

Principe du « droit à l’erreur »

L’Urssaf applique le droit à l’erreur : si vous corrigez vos erreurs lors de l’échéance déclarative suivante tout en versant le complément de cotisations, vous ne serez pas sanctionné (pas de majoration ni pénalité), à condition que :

  • Le montant des majorations soit inférieur au plafond mensuel de la sécurité sociale
  • Ou le versement régularisateur soit inférieur à 5% des cotisations initiales
  • Les inexactitudes n’aient pas un caractère répétitif

Responsabilité de l’employeur

Point crucial : même après une DSN de substitution, l’employeur reste responsable des données déclarées. La substitution ne décharge pas l’entreprise de son obligation déclarative ni de sa responsabilité juridique en cas d’erreurs intentionnelles ou de négligence caractérisée.

Distinction avec la DSN de substitution post-contrôle

Attention à ne pas confondre :

  • DSN de substitution suite à fiabilisation (mai 2026) : concerne les anomalies non corrigées signalées par les CRM
  • DSN de substitution post-contrôle (déjà en vigueur depuis 2025) : émise après un contrôle Urssaf sur place ou sur pièces, pour corriger les données suite à redressement

Cette dernière constitue simplement une modernisation des échanges entre organismes (elle remplace l’ancienne DADS) et n’a pas d’impact sur les déclarants.

Sources officielles et ressources

Textes juridiques

Documentation Urssaf

Extension de la déduction patronale pour heures supplémentaires en 2026

Déduction patronale HS 2026

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, publiée au Journal Officiel le 30 décembre 2025, marque une petite évolution dans le dispositif d’allègement des charges sociales sur les heures supplémentaires. Depuis le 1er janvier 2026, environ 30 000 entreprises de 250 salariés et plus bénéficient désormais de la déduction forfaitaire de cotisations patronales, une mesure jusqu’alors réservée aux structures de moins de 250 salariés.

Cadre juridique : les textes de référence

Cette extension repose sur la modification de l’article L.241-18-1 du Code de la sécurité sociale par l’article 21 de la LFSS 2026. Les modalités pratiques sont précisées à l’article D.241-24 du même code.

La déduction s’applique aux revenus d’activité versés au titre des périodes d’emploi courant à compter du 1er janvier 2026, comme le confirme le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale.

Comment fonctionne la déduction forfaitaire patronale ?

Le mécanisme permet aux employeurs de déduire un montant forfaitaire de leurs cotisations patronales pour chaque heure supplémentaire effectuée par leurs salariés. Depuis le 1er janvier 2026, les taux de déduction s’établissent comme suit :

  • 1,50 € par heure supplémentaire pour les entreprises de moins de 20 salariés
  • 0,50 € par heure supplémentaire pour les entreprises de 20 salariés et plus (y compris désormais les structures de plus de 250 salariés)

Cas particulier des salariés en forfait jours

Pour les salariés soumis à un forfait annuel en jours, la déduction est fixée à 3,50 € par jour de repos auquel le salarié renonce, conformément aux dispositions de l’article D.241-24.

  • Salariés concernés

Le dispositif couvre l’ensemble des salariés effectuant des heures supplémentaires, à l’exception des salariés en forfait jours pour lesquels s’applique le mécanisme spécifique de rachat de jours de repos.

Impact pour les grandes entreprises

Cette extension représente une économie pour les grands groupes. Par exemple, une entreprise de 500 salariés dont les équipes effectuent en moyenne 5 heures supplémentaires par mois bénéficie d’une déduction annuelle d’environ 15 000 € (0,50 € × 5 heures × 12 mois × 500 salariés).

Mise en œuvre pratique en paie

Les services de paie doivent intégrer cette déduction dans le calcul des cotisations patronales mensuelles. La déduction vient en diminution directe des cotisations de sécurité sociale dues par l’employeur, sans formalité administrative particulière autre que la déclaration habituelle via la DSN (Déclaration Sociale Nominative).

Cumul avec d’autres dispositifs

Cette déduction forfaitaire se cumule avec :

  • L’exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires pour le salarié
  • La réduction générale des cotisations patronales (RGDU)
  • Les dispositifs d’exonération zonés lorsqu’ils s’appliquent

Augmentation de la cotisation vieillesse déplafonnée en 2026

Vieillesse déplafonnée 2026

À compter du 1er janvier 2026, la cotisation de sécurité sociale vieillesse déplafonnée connaît une hausse qui concerne uniquement la part patronale.

Qu’est-ce que la cotisation vieillesse déplafonnée ?

La cotisation vieillesse déplafonnée s’applique sur la totalité du salaire brut, sans plafond de revenu. Contrairement à la cotisation plafonnée qui ne concerne que les revenus jusqu’au plafond de la Sécurité sociale, celle-ci concerne l’intégralité du salaire brut.

Le nouveau taux applicable

Depuis le 1er janvier 2026, le taux de la cotisation patronale d’assurance vieillesse déplafonnée au régime général est porté à 2,11%, contre 2,02% en 2025. Il s’agit uniquement d’une augmentation de la part patronale, la part salariale restant inchangée à 0,40%.

Cadre réglementaire

Cette modification est établie par le décret n°2025-1446 du 31 décembre 2025 relatif aux modalités d’application de divers dispositifs d’exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale.

Les employeurs doivent adapter leurs fiches de paie pour refléter ce nouveau taux dès janvier 2026.